Flyboys 2 men
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« D’après une histoire vraie », quand je vois cette phrase dans un générique de film, j’ai tendance à me méfier. C’est le même genre de promotion-massue que « Par le réalisateur de… », « Par le scénariste de… « , une sorte d’AOC cinématographique, qui vise à compenser la médiocrité du produit. Présenté comme un hommage aux héros de l’escadrille Lafayette: (« groupe de jeune pilotes américains, engagés auprès de la France durant la Première Guerre Mondiale » qu’ils disent). Autant vous le dire, « Flyboys » est à mon avis, un film pompeux, assez représentatif des merdes, que les studios US sont capables de produire à intervalles réguliers, depuis une quinzaine d’années.
La mise en scène est conventionnelle, ce qui n’est guère surprenant vu la filmographie du réalisateur. La plus grosse erreur vient du choix de la distribution (le manque de profondeur des personnages, me rappelle assez « Plus bête la vie »), avec une mention particulière à Jean Reno, à qui il ne manque qu’un béret et une baguette de pain sous le bras (au passage, je me suis beaucoup amusé à alterner la V.O à la V.F lors de ses interventions).
Quand aux thèmes abordés : le sacrifice, le code d’honneur du chasseur, le dépassement de soi (j’ai dû en rater plusieurs autres), c’est de la cuisine classique, à laquelle ils ont cru bon d’ajouter une insupportable bluette (visant à attirer le public femelle, je suppose). Bref il n’y manque rien, on a droit à toute la palette des poncifs du film de guerre.
Comme pour « Pearl harbor », je me dis que je vais me rabattre sur la partie « combats » du film. Là encore c’est un désastre. Les combats et autres « dogfights », les explosions, bref tous les ballets aériens (ou presque) sont réalisés par ordinateur, c’est très laid. Les avions font par ailleurs, preuve d’une étrange manœuvrabilité, digne d’un intercepteur Tie. Quand aux séquences de vols et les combats tournoyants ils sont d’une émouvante maladresse.
Le passage le plus drôle est l’affrontement d’anthologie, entre l’un des héros et un Fokker boche, lorsque le français stoppe net son Nieuport en plein vol (sans aérofrein en plus) et se replace dans le dos de l’ennemi. L’attaque du Zeppelin est, dans le genre, un cas d’école (un mélange de l’attaque de l’étoile noire de Star Wars et du dessin-animé Satanas et Diabolo)
Sur le plan exactitude historique, le film est plutôt brouillon (je me garde d’être un ayatollah du détail, mais j’apprécie un minimum d’effort), les avions allemands (hormis le zeppelin et un bombardier) sont tous des Barons rouges. Je me suis forcé à le regarder jusqu’à la fin, c’était vraiment pénible. Cette bouse aurait pu être réalisée par Roland Emmerich (remarquez avec un film d’Emmerich, au moins la première demi-heure du film est supportable). Heureusement que j’ai découvert ce truc sur le satellite, ça m’aurait fait mal de casquer.